skip to Main Content

POUVOIR D’ACHAT LE GRAND MENSONGE

Le pouvoir d’achat c’est la différence entre l’augmentation des salaires et l’inflation. Connaître l’augmentation des salaires c’est assez facile car tout est déclaré aux impôts, c’est une donnée simple à obtenir. Par contre mesurer l’inflation c’est déjà plus compliqué il faut faire des hypothèses : on détermine un panier des ménages en essayant de faire en sorte qu’il représente au mieux les habitudes de consommation de l’ensemble des Français. Philippe Herlin Dans ce fameux panier de l’indice des prix à la consommation le logement pèse pour 6% ce qui est un chiffre ridicule, il n’y a quasiment aucun français qui ne consacre 6% au logement (…) C’est plutôt 15/20% du budget des ménages. En minorant le logement on efface toute la hausse des prix du logement qui a eu lieu en France un peu au début des années 90 et surtout depuis les années 2000.(…) Toute cette hausse des prix des loyers, des crédits immobiliers, est complètement passée à l’as dans l’indice des prix à l’INSEE, c’est le premier gros facteur de minoration de l’indice des prix en France. Philippe Herlin

L’effet qualité » apparaît le plus important dans les produits technologiques mais aussi des produits alimentaires. Pour bien comprendre cet effet qualité : si vous achetez un nouvel iPad et que le prix est plus élevé que l’ancien, pour vous c’est clairement une perte de pouvoir d’achat parce qu’il coûte plus cher ! Mais l’INSEE va considérer que comme ce nouveau modèle est plus puissant, qu’il a plus de fonctionnalités, vous en avez plus pour votre argent donc « nous l’INSEE » on va mettre un prix égal ou même inférieur à l’ancien, ce qui fait que pour l’INSEE il n’y aura pas de hausse des prix… Ça tire vers le bas l’indice. Philippe Herlin

Dans un entretien au Parisien le 8 mai dernier, Darmanin claironnait : « Plus de 95% des contribuables paieront moins d’impôts ». Une fake news de plus pour cet habitué du mensonge, qui avait osé dire le 19 mars dernier sur LCI : « Aujourd’hui, le mouvement des Gilets jaunes a détruit plus d’emplois, et il a détruit plus de richesses que la plupart de ce que nous avons connu depuis les dix dernières années, des manifestations, des contestations, des crises économiques, c’est quand même un scandale absolu ».

En réalité, en évoquant les baisses d’impôts, Darmanin parle uniquement de la minorité de foyers (45 %) qui paient l’impôt sur le revenu, et qui seront concernés par la baisse de cet impôt annoncée par Macron le 25 avril dernier en clôture du « Grand débat ». Autrement dit, pour répondre aux Gilets jaunes, Macron a choisi de baisser l’impôt le plus juste, c’est-à-dire celui qui frappe davantage les plus riches en proportion de leurs revenus et qui épargne la moitié la plus pauvre de la population ! Un pouvoir d’achat en hausse ? Pour financer ce cadeau aux plus aisés, Darmanin annonce qu’il faudra réduire les dépenses publiques et mettre en place « des réformes comme celles de la fonction publique, de l’assurance chômage, de l’audiovisuel public ou encore des mesures qui incitent à travailler plus longtemps nous permettront de ne pas creuser le déficit ». Et pour couronner le tout, il annonce également la suppression de la taxe d’habitation pour les 20 % des ménages les plus aisés qui la paient encore. Autrement dit, après les concessions de décembre dernier où Macron a vraiment eu peur, le gouvernement maintient son véritable cap : faire des cadeaux aux plus riches et démanteler les acquis sociaux.

Face à un gouvernement qui n’a rien à envier à Trump dans le domaine de la « post-vérité », il est important de rétablir les faits. En décembre 2017, l’Insee avait osé affirmer que les mesures du budget 2018 allaient baisser le pouvoir d’achat début 2018, et le gouvernement avait alors attaqué l’institut. Depuis, les faits ont entièrement donné raison à l’Insee, puisque le pouvoir d’achat a baissé de 0,6 % début 2018… Dans une toute récente étude1, l’Insee établit que les mesures fiscales du gouvernement ont eu un impact négatif sur le pouvoir d’achat des ménages entre janvier et octobre 2018 : les légers gains liés à la bascule des cotisations vers la CSG sont inférieurs aux pertes liés à la hausse des taxes sur l’essence. Surtout, ces hausses de taxes ont frappé davantage les ménages les plus pauvres, surtout dans la ruralité. Et même si le gouvernement a suspendu en 2019 les hausses de taxes sur l’essence, ce n’est pas le cas des autres taxes sur la consommation (comme celles sur le tabac) ou des tarifs réglementés (hausse de 6 % du tarif EDF en juin).

Back To Top